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Un film de Sandrine Treiner
et François Chayé
Dossier réalisé
par Laurent Peduzzi et Bruno Taque
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Aborder le film Inconnu
à cette adresse en classe avec des élèves
suppose d’avoir vu plusieurs fois le film car, plus
que pour n’importe quel autre film, une seule vision
n’est pas suffisante. Les deux auteurs du court
métrage Sandrine Treiner et François Chayé
ont, en effet, su adapter la nouvelle de Kressmann Taylor
très fidèlement tout en la rendant contemporaine
: on peut vraiment parler d’adaptation étant
donné que les personnages visibles à l’écran
(les enfants de ceux de la nouvelle) ne sont qu’évoqués
dans l’ouvrage de Kressmann Taylor (en tous cas,
celui de Heinrich Schulse car celui de Sarah Eisenstein
n’existe pas dans la nouvelle). A
ce premier principe de l’adaptation (la nécessaire
présence à l’image de la génération
qui suit directement celle des deux protagonistes de la
nouvelle) s’en ajoutent deux autres tout autant
signifiants dans leur fonction de personnage : la présence
de Kressmann Taylor sous les formes d’une voix téléphonique,
du livre à la fois sous forme d’objet montré
à l’image et surtout sous celle de parole
vivante réactualisée à travers la
lecture alternée des lettres (si cette lecture
est sans ambiguïté pour Heinrich lisant les
lettres de son père, elle n’est pas sans
ambivalence pour les lettres de Max Eisenstein ; nous
y reviendrons).
Il nous semble que ces trois principes guidant l’adaptation
- soutenus et enrichis par un véritable regard
cinématographique - contribuent à la compréhension
de l’originalité de ce film, véritable
“OVNI du court métrage” dixit François
Chayé :
- alors que la lettre, dans une nouvelle épistolaire
est déjà en soi un gage d’authenticité
et joue sur la frontière réalité
/ fiction, l’apparition à l’écran
des enfants des personnages de la nouvelle accroît
cet effet d’authenticité à tel point
que le spectateur / auditeur est inévitablement
conduit à croire que cette histoire était
donc vraie .
- si cette croyance fonctionne, c’est parce qu’elle
est minutieusement construite sur un jeu complexe d’ambivalences
où se mêlent la réalité et
la fiction et dans lequel le spectateur ne peut pas ne
pas se faire son cinéma : refusant (envers et contre
tous – surtout les financeurs) absolument de faire
correspondre aux lettres de K. Taylor des images d’époque
et/ou d’archives les illustrant (flash-back historique
nous montrant l’Allemagne de 1933), le film laisse
volontairement et systématiquement au spectateur
/ auditeur le soin de ce travail d’illustration
ou de représentation : les lettres sont lues comme
des lettres et restent des lettres, c’est-à-dire
une parole vivante et en actes. Dès lors, mettre
en scène une histoire c’est ici non pas seulement
en représenter la matière réelle
mais c’est également en visualiser la forme.
Non seulement, le texte lui-même est mis en scène
dans la mesure où le film reprend quasiment mot
pour mot la matière de l’échange épistolaire,
mais c’est surtout son genre esthétique,
sa forme littéraire qui sont “respectés
à la lettre” : ces lettres sont lues comme
des lettres et jouent le rôle d’un personnage,
voire du personnage central dont le mode d’apparition,
sur lequel nous reviendrons dans le chapitre consacré
à la mise en scène, est soit une voix off,
soit une voix dans le champ. |
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I. Le cinéma au service de la littérature |
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Ici le cinéma apparaît
comme une invitation à la lecture et comme
moyen de se représenter une histoire sur
toile de fond d’une autre, témoin elle-même
de l’Histoire. Quelles sont, dans cette logique
et suivant ces principes, l’originalité
du film et la pertinence du regard cinématographique
? D’autre part, et de manière plus
précise, si la volonté des auteurs
de ce film est bien de faire rejouer aux enfants
le drame vécu par les parents plus de cinquante
ans avant, il faudra s’interroger sur les
motivations d’un tel choix et, puisqu’il
y a vengeance dans la nouvelle, comprendre celle
de Sarah dans le film. Nouvelle
parfaite ? Court métrage parfait ?
La nouvelle de Kressmann Taylor écrite
en 1938 est souvent décrite par les critiques
littéraires comme une nouvelle “parfaite”
. En quoi ? Elle reprend toutes les caractéristiques
propres au genre à savoir un temps bref,
une chute brève et de nombreuses litotes.
Ici, l’action du court métrage se déroule
sur environ trois jours. Entre l’appel téléphonique
passé à Kressmann Taylor elle-même
par le fils Schulse qui lance l’action et
le moment où le piège se referme sur
lui dans la maison de campagne de la fille Eisenstein,
trois journées se sont écoulées
au maximum. Dans la nouvelle, l’action se
déroulait entre novembre 1932 et février
1934, dates reprises dans le film.
La chute, elle aussi, est relativement brève
au sens où Schulse, ayant appris la vérité
sur la mort de son père, reste prostré,
refusant d’ouvrir la dernière lettre
expédiée par Eisenstein à Martin
Schulse et revenue avec la mention “Inconnu
à cette adresse” ; le générique
tombe dans la foulée, nous laissant avec
de nombreuses questions auxquelles seuls plusieurs
examens et questionnements approfondis du film peuvent
apporter quelques réponses.
L’intérêt de la litote, figure
de style qui consiste à dire moins pour faire
sentir plus, est qu’elle rend le lecteur ou
le spectateur plus actif en multipliant les vides
à combler. Cette figure de style convient
à merveille au court métrage : dans
le cadre d’un format court, il est indispensable
d’aller à l’essentiel tout en
laissant des portes ouvertes aux spectateurs. L’exemple
le plus net de cette esthétique de la litote
apparaît dans le traitement du personnage
de Griselle, la sœur de Max Eisenstein. Elle
constitue le personnage central puisque toute l’intrigue
tourne autour d’elle et de son souvenir mais
elle est au second plan. Max et Martin parlent d’elle
et nous ne la connaissons qu’à travers
leurs yeux ; le film nous montre un portait de Griselle,
qui trône sur la commode de la maison de campagne
de Sarah Eisenstein, sa nièce, qui ne l’a
pourtant pas connue. Griselle était une jeune
comédienne qui
venait de percer après plusieurs années
de galère, au moment où les nazis
arrivèrent au pouvoir, elle semble belle
et forte de caractère et surtout on soupçonne
une relation particulière entre Martin Schulse
et elle. |
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On
voit bien l’économie de moyens pour
camper Griselle ; on peut en dire autant du profil
de Martin Schulse, ce profil se creuse au fur
et à mesure mais la sobriété
et l’efficacité du récit sont
admirables : nous sommes dans l’esthétique
classique, celle de la litote mais cela va plus
loin car ce qui est en jeu dans la lettre où
Martin apprend à Max la mort de sa sœur,
c’est la question du destin qui écrase
l’homme.
Parole-vérité
Ce qui est aussi particulièrement intéressant
dans ce film, c’est son récit : un
récit exemplaire qui décortique
le travail de l’historien. Les deux principaux
sujets abordés ici sont sans conteste la
parole et la vérité. La question
se pose de savoir où se trouve la vérité.
Kressmann Taylor répond que la vérité
est dans la littérature. Son récit
s’inspire de deux événements
distincts mais proches. Ce sont d’abord
deux anciens étudiants de son université
qui avant guerre correspondent par delà
l’Atlantique. C’est ensuite la relation
entre deux couples de son entourage (l’un
juif, l’autre allemand) qui vont se déchirer
après l’arrivée de Hitler
au pouvoir en Allemagne. Pour les auteurs du court
métrage, la vérité se trouve
dans la parole (ils n’ont pas choisi d’adapter
fidèlement la nouvelle par une reconstitution
historique purement illustrative) et donc dans
le cinéma, même si toutes les paroles
ne sont pas forcément fiables ; le parti
pris du film est que la nouvelle raconte la vérité
: au buffet de la gare de Clermont-Ferrand, Sarah
Eisenstein explique à Schulse qu’elle
dispose des lettres de son père à
lui et qu’elle veut bien qu’il les
lise ; en fait, celui-ci en a déjà
eu connaissance grâce à l’ouvrage
de fiction de Kressmann Taylor qu’il a acheté
dans la première scène du film.
Le livre est présent physiquement à
l’image par deux fois : une fois, dans la
librairie et ensuite en version originale dans
la maison de Sarah. Nous sommes donc confrontés
au problème de l’authenticité
des sources, ce qui est le problème que
rencontre quotidiennement tout historien. [Sarah
?]
Pour résumer, la vérité serait
donc dans la parole mais que se passera-t-il lorsque
tous les témoins d’un même
événement auront disparu : la vérité
sera irrémédiablement déformée
ou pire sera niée ; on connaît la
triste tentation du négationnisme historique.
De ce point de vue, il peut être intéressant
de montrer à des élèves quelques
passages du film bouleversant de Claude Lanzmann
sur la révolte du camp d’extermination
nazi de Sobibor, sorti sur les écrans en
2002 ; Lanzmann fonde son film sur la parole d’un
rescapé de ce camp, Yehuda Lerner, et le
filme frontalement pendant plus d’une heure.
Comme les auteurs d’Inconnu à cette
adresse, Lanzmann croit avant tout à la
parole. |
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II. Une mise en scène qui réunit les personnages |
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Comment
le propos des auteurs est-il servi par le dispositif
cinématographique ? Trois procédés
cinématographiques particuliers sont utilisés
pour faire avancer le drame.
Tout d’abord, la voix off : mais la voix off
de qui ? Dans quel but ? Et pour quoi faire ? On
sait qu’au cinéma, la voix off est
un moyen bien pratique pour faire avancer une histoire
sans perdre le spectateur ; c’est un procédé
elliptique très efficace. Ici, elle a une
toute autre fonction : la voix off est celle de
Max Eisenstein à l’époque de
sa correspondance avec Martin Schulse, or les auteurs
du court métrage ne nous donnent aucune indication
précise sur cette voix qui résonne
dès la fin de la lecture de la première
lettre de Schulse par son fils. Nous comprendrons
plus tard qu’en fait cette voix nous est uniquement
destinée, à nous spectateurs de cette
histoire mais aussi qu’elle a un écho
dans la tête de Sarah Eisenstein : elle nous
donne les réponses aux questions que les
lettres de Schulse font naître en nous et
nous fait découvrir l’effroyable (ou
légitime ?) vengeance d’Eisenstein.
De ce point de vue, le spectateur est très
en avance sur le personnage incarné par Claude-Jean
Philippe, puisque nous connaissons petit à
petit l’intégralité de la correspondance.
Rien à voir donc avec les voix off telles
qu’on peut les concevoir dans le cinéma
contemporain ; ici, le spectateur est aidé
dans sa réflexion par une voix off qui lui
donne les réponses. Comment situer en revanche
cette voix off par rapport au personnage de Sarah
? De nombreux plans montrent le visage de Sarah
alors qu’on entend cette voix off, que faut-il
en penser ?
Sarah est concernée au même titre que
nous par cette voix off qui apparaît comme
un indice de la manipulation qui se déroule
sous nos yeux. Sarah connaît les lettres de
son père par cœur au point qu’elles
retentissent dans son esprit à leur simple
évocation. Elle nous apparaît progressivement
comme un personnage dont toute la vie a été
hantée par la mort de sa tante, comme un
personnage souffrant de cette tragédie familiale.
Là aussi, il serait bon de s’interroger
sur les raisons du traumatisme de Sarah : ne serait-il
pas lui aussi lié à la parole ou à
l’écrit ? |
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On peut en effet supposer que Max
Eisenstein a raconté la mort de sa sœur
à sa propre fille ou bien, qu’après
sa mort, Sarah est tombée par hasard sur
la correspondance de son père et que dès
lors cette correspondance fait office d’héritage
familial, voire culturel. Dans tous les cas, elle
en souffre au point de vouloir partager cette
vérité avec un innocent (Heinrich
Schulse) totalement extérieur au drame.
Comme pour tout affrontement cinématographique,
le filmage opte pour le traditionnel champ/contre-champ.
On peut d’ailleurs trouver trois étapes
distinctes dans le processus filmique : au début
du film, lors de la scène située
au buffet de la gare de Clermont-Ferrand, les
deux personnages sont filmés seuls dans
le cadre ; on comprend donc qu’aucun lien
ne peut, à ce moment-là, les réunir
dans le champ. Puis lors de la lecture des premières
lettres, on assiste à un champ/contre-champ
mobile, la caméra scrute les visages des
personnages par des zooms avant, très doux
mais bien réels, elle tourne de façon
très lente autour des personnages. Elle
les enveloppe comme pour mieux nous faire saisir
leurs émotions et nous faire ressentir
les liens qui se tissent entre eux. Enfin, dans
le dernier tiers du film, les personnages apparaissent
de face, enfin réunis dans le cadre et
un contact physique s’établit même
entre eux (Heinrich Schulse repose, poliment,
le châle de Sarah sur ses épaules)
: ils partagent quelque chose, un secret commun,
un passé commun. La mise en scène
se met donc au service de l’avancée
du récit dans le but de réunir les
personnages dans le champ. Enfin,
et ce procédé est particulièrement
visible, tous les raccords entre chaque scène
sont des raccords son. Depuis les premières
scènes à la gare, jusqu’à
l’estocade finale portée par Sarah
à Heinrich Schulse, toutes les scènes
sont reliées grâce au montage son.
Là encore, cette volonté semble
avoir pour ambition de montrer que seule la parole
contient une part de vérité, même
celle de Kressmann Taylor, l’écrivain
dont la vie recèle, par ailleurs, de nombreuses
zones d’ombre. |
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III. Histoires de vengeances |
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Il
faut revenir sur la vengeance de Max Eisenstein
à l’égard de celui qu’il
considère comme son meilleur ami, voire comme
son frère, Martin Schulse. Suite à
la mort de sa sœur, pour laquelle il n’a
rien fait (il a bien trop peur de perdre sa place
honorable dans l’état nazi en pleine
formation en protégeant une juive et donc
en prenant position), Eisenstein va faire jouer
à plein la logique totalitaire et la retourner
contre son ami, l’Allemand séduit par
le nazisme. Il va tout faire pour que ce soit l’Allemand
qui soit broyé par la machine totalitaire
et non le juif, protégé par la distance
et l’éloignement par rapport au danger.
Il va donc brillamment utiliser une des grandes
caractéristiques de toute dictature, pour
arriver à ses fins : la censure. Schulse
lui a écrit que ses lettres sont lues avant
de lui parvenir et qu’il serait donc préférable
d’échanger des nouvelles par le biais
de leur banque commune ; malgré cela, après
la mort de Griselle, Max continue d’écrire
au domicile de Schulse, risquant sciemment la vie
ou du moins la réputation de son ami. L’astuce
ici est de combiner cette crainte face aux prétendus
espions de l’intérieur avec le jeu
sur l’opposition de l’art officiel et
de l’art “dégénéré”,
puisque c’est ainsi que les nazis désignaient
l’art contemporain qu’ils ne comprenaient
pas. Max Eisenstein fait explicitement référence
à des peintres tels que Picasso ou Van Gogh
tout en simulant par des chiffres l’existence
d’un “pseudo-code” dont les censeurs
nazis ne pourront pas ne pas se méfier.
Max nous est présenté comme une personne
délicate, souffrant de scrupules, inquiète
pour son ami, sa sœur, ses coreligionnaires
menacés en Allemagne. Alors comment en arrive-t-on
à cette figure du “juif vengeur”
? Surtout quand on sait que toute la tradition juive
s’oppose au principe de vengeance : la prétendue
loi du talion n’a jamais été
appliquée à la lettre. De nombreux
critiques littéraires se sont posé
la question de savoir si l’attitude de Max
est vraisemblable ou non. Vincent Engel écrit
dans “Lecture entre les lettres”, à
propos de la nouvelle : “L’attitude
de Max est invraisemblable. Cela ne veut pas dire
qu’aucun juif ne serait capable de mettre
en œuvre un processus aussi machiavélique
; mais cela ne correspond pas au personnage décrit
par les premières lettres de la nouvelle
(…) |
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Max n’est pas vraiment juif,
il est par contre pleinement américain.
Il découvre qu’il s’est trompé
sur son ami, il n’en sera que plus américain.
Le vrai ennemi de Martin, ce n’est pas le
juif : c’est le libéralisme américain
qu’il accuse d’être inerte,
incapable d’agir. Max endosse le rôle
du justicier du Far West qui vient prouver au
nazi qu’il est capable de réagir.
Le message est donc clair : aux citoyens américains
et allemands, Inconnu à cette adresse annonce
que l’Amérique saura réagir
si l’Allemagne hitlérienne s’attaque
à elle.” On peut aussi affirmer que
Max, le juif vengeur, est loin de l’éternelle
victime de la Shoah. Max est une figure de vengeur,
qui touche en nous de vieux réflexes enfantins
et porte en lui l’ambivalence de qui fait
justice soi-même. De
ce point de vue, la vengeance ou plutôt
la manipulation que Sarah fait subir à
Heinrich Schulse dans le film peut être
comprise. Elle ne peut plus supporter cet héritage
familial toute seule ; elle dit d’ailleurs
qu’elle ne souhaite pas mêler sa famille
à toutes ces vieilles histoires et elle
doit le partager avec le descendant de Schulse
qui débarque soudainement dans sa vie.
Mais on comprend très vite que le partage
se fera dans la douleur. Elle assène la
vérité à Schulse, dans un
endroit isolé (la maison de campagne) où
personne ne l’entendra pleurer. Elle ne
fait preuve d’aucune pitié ou du
moins d’aucun sentiment à son égard,
oubliant par là-même qu’il
est, lui, totalement innocent. Sa seule faute
est d’être le fils de son père,
un “petit bonhomme” qui s’est
mis au service de la machine totalitaire avant
d’être broyé par elle. Désormais,
ils sont liés par ce terrible secret et
autant Schulse était souvent filmé
seul dans le cadre donc seul face au destin de
son père, pour la première fois,
nous les voyons, un peu plus tard, apparaître
de face dans le cadre puis se promener ensemble
dans les rues désertes de ce village auvergnat.
A ce village isolé et dépouillé
fait écho le jeu volontairement sobre des
acteurs dont le dénuement enrichit la force
expressive des lettres. |
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