SHINING (1980) de Stanley Kubrick

Dossier réalisé par Guy Astic.

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  Steadicam ou steadycam ?


- Le Steadicam valut un Oscar en 1978 à son inventeur Garrett Brown. Kubrick l’adopte pour deux films : Shining, Full Metal Jacket.

- Les génériques de films se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Sur certains d’entre eux on lit : Steadicam, sur d’autres, Steadycam. Quelle est la bonne orthographe ? La réponse n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Jusqu’à présent, la mention Steadycam résultait d’une erreur bien compréhensible puisque, en anglais, steady ne saurait s’écrire steadi. Erreur, toutefois, car Steadicam s’écrit bien avec un « i » : il s’agit d’un nom commercial, d’une marque, qui a pris un sens générique comme l’a fait la marque Frigidaire, par exemple. Jusqu’ici, tout est simple. Mais, depuis 1998, ça se complique un peu. Comme on le sait, les brevets du Steadicam sont, cette année là, tombés dans le domaine public. Ce qui a permis à de nombreux constructeurs de créer des répliques de la machine qui ne peuvent pas s’appeler Steadicam (tous les réfrigérateurs ne s’appellent pas Frigidaires !). Et on peut difficilement imaginer, dans un générique, la mention « opérateur du système de stabilisation de caméra ». Dans ces conditions, on peut imaginer un terme générique qui serait « steadycam », désignant tous les systèmes autres que celui de la marque déposée par Cinema Products, fabricant de la machine d’origine. Ce qui mènerait sans doute, à terme, à la disparition du mot « Steadicam ».

  La guerre des deux SK

« C’est une superbe voiture mais dépourvue de moteur. »

« Lorsqu’un cinéaste comme Stanley Kubrick réalise un film aussi frustrant, aussi pervers et aussi décevant que Shining, ledit film conserve néanmoins un éclat irréfutable. La vision du créateur est là. »
Stephen King, Anatomie de l’horreur, vol. 1, Monaco, Éditions du Rocher, 1995, p. 248.

Adapter : faut-il parler de fidélité au texte ?
André Bazin a voulu tourner la page des oppositions illustration/création, fidélité/originalité voilà déjà cinq décennies :
« La fidélité à une forme, littéraire ou autre, est illusoire ; ce qui compte, c’est l’équivalence du sens des formes. »
“Le cinéma comme digeste”, Esprit (juillet 1948)

  Localisations

De la Côte est (La Nouvelle-Angleterre) au Colorado (Denver, Boulder, l’Overlook)
Patrie du fantastique américain :
Providence : H.P. Lovecraft
Salem : Nathaniel Hawthorne
Boston : Edgar Allan Poe
Bangor : Stephen King

Stovington : Jack Torrance enseignant

  L’album de l’hôtel




  Incipit/Decipit du livre

« Petit con prétentieux, pensa Jack Torrance. Ullman mesurait tout juste un mètre soixante et il avait les gestes brusques et secs des hommes petits et gros. »

« Il [Dick Halloran] passa son bras autour des épaules de Danny qui remontait son poisson avec précaution. Wendy s’assit de l’autre côté de son fils et ils restèrent là, assis tous les trois au bout de la jetée, dans le soleil déclinant. »

  Ouverture du film



Wendy Carlos qualifie la musique de « thriller gothique anachronique. »
Propos reproduit dans la fiche élève dans la rubrique “Le premier plan”

C’est à elle/lui que l’on doit la relecture au synthétiseur du Dies Irae qui ouvre le film – c’est un texte établi au XIIe siècle par un ami de saint François d’Assise, évoquant « un jour de colère où le monde sera réduit en cendres ». Il/elle s’est inspiré de l’adaptation romantique de Berlioz qui orchestre ce thème dans le finale de sa Symphonie fantastique (1830). Carlos rajoute des cris électroniques et crée un contraste saisissant avec le cadre majestueux des Rocheuses.

« Un film est – ou devrait être – beaucoup plus proche de la musique que du roman. Il doit être une suite de sentiments et d’atmosphères. Le thème et tout ce qui est à l’arrière-plan des émotions qu’il charrie, la signification de l’œuvre, tout cela doit venir plus tard. »
Propos de Stanley Kubrick recueillis par Peter Lyon pour la revue Holiday (février 1964)
Traduit par Norman Kagan in Le Cinéma de Stanley Kubrick Lausanne, L’Âge d’homme, 1979, p. 107.


  Du texte...

« Tout à coup, une énorme pendule sous un globe en verre parut en face du miroir. Son cadran ne portait ni aiguilles ni chiffres, mais une date en rouge : 2 DECEMBRE. Alors les yeux dilatés par l’horreur, Danny put lire, reflétées sur le globe, les lettres inversées du mot TROMAL : LA MORT. »

« La pendule se mit à tinter délicatement et le mécanisme se déclencha […]. Au-dessus du cadran, sur les rails d’acier, deux petits personnages s’avancèrent l’un vers l’autre. L’un des personnages était un homme dressé sur la pointe des pieds, qui tenait dans ses mains une petite masse. L’autre était un petit garçon, coiffé d’un bonnet d’âne. […]La massue que tenait le papa s’abattit sur la tête du petit garçon, qui tomba à genoux. Elle n’arrêtait de monter et de descendre. […]
Une giclure rouge vint éclabousser l’intérieur du globe de verre. Elle fut suivie d’une autre. Deux autres s’écrasèrent à côté. Le liquide rouge giclait maintenant partout, ruisselant comme une pluie de sang sur les parois du globe, dérobant au regard ce qui se passait à l’intérieur. Le geyser écarlate charriait de minuscules lambeaux de matière blanchâtre, des fragments d’os et de cervelle.
 »

Stephen King, Shining (ch. XXXVII & ch. XLIV)

  … à l’image : conversion d’un motif



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