SHINING (1980) de Stanley Kubrick
Dossier
réalisé par Guy Astic.
Pas de peur sans la main de Jack ?
Shining, ch. 23 & 24 – 1h15mn30s-1h18mn15s

« Un jour, finalement, elle s’approche du bureau et il n’y a personne. Elle est attirée par le livre. Elle commence à le feuilleter. Il dit et répète : “Travailler sans jouer rend Jack triste gamin”. Au début, Kubrick fait cela bien. Il nous montre les pages, nous montre son visage. Elle est sidérée. Nous revenons aux pages : la même chose écrite d’une façon différente sur des pages différentes. Nous revenons à son visage. Elle commence à avoir peur. »
(S. King à propos du film de Kubrick.)
Double modèle du fantastique
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Fantastique de l’indétermination |
Fantastique de la présence |
| Thèmes |
Intériorisation |
Extériorisation |
| Inconscient |
Schizophrène |
Paranoïaque |
| Enjeu |
Mise en crise |
Objectivation |
| Modalité |
Indétermination |
Confrontation |
| Poétique |
Suggestion |
Expressivité |
| Cinéma |
Hors champ / fragments |
Plein champ / monstration |
Adapté de Denis Mellier, La Littérature fantastique, Seuil, coll. « Mémo-Lettres », 2000, p. 29
La peur avant la narration
« L'émotion la plus forte et la plus ancienne de l'humanité c'est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. »
« Nous devons juger le conte fantastique non pas tant sur les intentions de l’auteur et les mécanismes de l’intrigue, mais en fonction de l’intensité émotionnelle qu’il provoque… Un conte est fantastique tout simplement quand le lecteur ressent profondément un sentiment de crainte et de terreur, la présence de mondes et de puissances insolites. »
Howard Phillips Lovecraft, Épouvante et surnaturel en littérature (1927)
In Œuvres complètes 2, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1991, p. 1065 & p. 1067
Nuances de la peur
L'angoisse :
crispation (dents serrées, traits tirés), sudation, attente, regard vers l'invisible (le hors-champ), supens(e)
La peur :
explosion (cri, yeux écarquillés, cheveux dressés sur la tête), apparition, le noir habité (le plein champ)
Source de l’illustration : couverture du livre de Christophe Kauffman, Stephen King : de l’angoisse à la peur, Phénix, 1995
Le couloir : lieu intercalaire…

… espace des possibles

Terrifiante proximité lointaine

Régimes mixtes de la peur
« Résumons-nous : la terreur au sommet, l’horreur en dessous, et la révulsion tout à fait en bas. En tant qu’écrivain ayant déjà sévi dans le domaine de l’horreur, ma philosophie me pousse à reconnaître ces distinctions parce qu’elles peuvent parfois s’avérer utiles mais à éviter de préférer une émotion à l’autre par seul souci de la qualité de l’effet obtenu. Le problème avec les définitions, c’est qu’elles ont tendance à se transformer en outils critiques – et ce genre de critique, que j’appellerai la critique-par-cœur, me semble inutilement restrictif voire dangereux. Je reconnais que la terreur est la plus raffinée de ces trois émotions (un usage presque parfait en est fait par Robert Wise dans son film La Maison du diable […]) et je m’efforce de terrifier le lecteur. Mais si je me rends compte que je n’arrive pas à le terrifier, j’essaie alors de l’horrifier ; et si ça ne marche pas non plus, je suis bien décidé à le faire vomir. »
Stephen King, Anatomie de l’horreur (Danse macabre, 1981), Éditions du Rocher, 1995
Do you have the Shine ?
(5mn50, Suède-France, 2002) de Johan Thurfjell
Le texte initial
« Le petit Danny, 7 ans, fait du tricycle dans les corridors d’un hôtel désert.
Danny possède le « Shine », un don qui lui permet d’anticiper le futur, mais aussi de ressentir des choses du passé.
Deux sœurs jumelles mortes l’attendent mortes l’attendent à une intersection, quelque part dans l’hôtel. Elles veulent l’emmener du côté obscur.
Danny sait que sa seule échappatoire est de fermer les yeux avant leur apparition.
Maintenant vous êtes Danny.
La première partie du jeu consiste à passer quinze intersections. Les jumelles attendent derrière l’une d’elles.
Le seul moyen pour vous d’échapper à la mort est de fermer les yeux avant de voir les jumelles.
Pendant la partie, vous avez le droit de fermer dix fois les yeux.
Les jumelles apparaissent de manière aléatoire. On ne peut anticiper leur présence.
Pour savoir quand fermer les yeux, vous devez vous fier à votre intuition.
Alors que vous soyez rapide, intelligent, ou expert en jeux vidéo n’y changera rien.
La seule chose qui compte, c’est…
Est-ce que vous possédez le Shine ? »
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