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A PROPOS DES FORMATS DES FILMS...
par Jérome Peyrel IUFM d'Auvergne
Les films ont un format de projection en salle, lié à l’époque du tournage, au format de la pellicule utilisée pour le tournage, donc aux impératifs de production, mais aussi aux choix esthétiques du réalisateur.
Le format de FURY de Fritz Lang est le reflet de l’époque à laquelle le film est tourné : des années 1930 aux années 1950 (voire au delà pour la production européenne notamment), le format traditionnel de projection des films est le format 1.37 : 1. En revanche, le format (1.33 : 1) choisi pour ELEPHANT est une affirmation esthétique de la part de Gus Van Sant.
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FURY, F. Lang, 1936
(format original 1.37 : 1) |
ELEPHANT, G. Van Sant, 2003
(format original 1.33 : 1) |
Au début était le 1.33 : 1.
Les formats de projection sont exprimés en rapport. Le format nommé 1.37 : 1 est celui d’une image dont la largeur, pour une hauteur de 1 (mètre par exemple), mesurerait 1,37 mètre.
Au début du cinéma, la surface utile de la pellicule utilisée mesurait 18 x 24mm (le reste de la pellicule 35mm était constitué par les perforations), ce qui donnait à la projection une image ayant un rapport de 1.33 : 1.
Lorsque le cinéma devint parlant, la plage réservée à l’image sur la pellicule se réduit (d’environ 3mm) : les pistes sons s’inscrivent sur le bord de la pellicule. L’image tend donc à devenir de plus en plus carrée (rapport de 1.19 : 1). C’est le format de M (Fritz Lang, …) notamment. Mais ce format choque l’œil, habitué à une image un peu plus étirée, et l’industrie américaine adopte une norme de 1.37 : 1 (un rapport parfait de 4 : 3).
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DIE NIBELUNGEN, F. Lang, 1924
(format original 1.33 : 1) |
M, F. Lang, 1931
(format original 1.19 : 1) |
Le format universel
Le format 1.37 : 1 reste le format maître durant une vingtaine d’années.
L’espace entre deux images est élargi, la pellicule perdant ainsi un peu de surface utile. Ce format influe sur la nouvelle technologie de diffusion que sera la télévision, dont le cadre est fixé à 1.33 : 1 (quand un film ayant un format de projection de 1.37 : 1 passe à la télévision, il doit apparaître de toutes petites bandes noires en haut et en bas de l’image, ce qui est rarement le cas, le film est souvent très légèrement recadré).
Evolution vers les formats large
Le cinéma, concurrencé par la télévision, invente alors des formats large, qui seront extrêmement nombreux. Mais l’envie de largeur est bien plus ancienne, puisqu’on peut citer le NAPOLEON d’Abel Gance, projeté sur 3 écrans de 1.33 : 1 (donc un format de 4 : 1 si l’on veut, appelé polyvision).
Aux USA, le premier format large est le cinemascope (procédé anamorphique : l’image est déformée au tournage et à la projection).
Le procédé est aussi une idée ancienne, inventée par Jean Chrétien dans les années 20 mais abandonnée. Le procédé est racheté par la 20th century fox, et subit plusieurs aménagements.
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7 YEAR ITCH, B. Wilder, 1955
(format original 2.55 : 1) |
Le premier film sorti en salle en cinemascope fut THE ROBE en 1953 (format 2.55 : 1). L’image est maximale car la piste sonore se situe sur les bords de la pellicule. Mais la multiplication des formats sonores n’arrange pas les salles, qui ne s’équipent pas pour chaque innovation et le format se stabilise en 2.35 : 1 en 1957 (la piste sonore retrouve la place qu’elle avait pour les films en 1.37 : 1, d’où la perte de l’image en largeur), jusqu’en 1970 où l’image est encore élargie légèrement dans un format de 2.39 : 1.
D’autres formats tentent de concurrencer le cinemascope. La RKO par exemple privilégie le SuperScope (premier film en SuperScope : VERA CRUZ de Robert Aldrich, 1954). Le format établi par la RKO est d’un ratio de 2 : 1. Mais devant le poids ducinemascope, le format SuperScope se standardise également en 2.35 : 1.
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LE MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE, W. Has, 1965
(format original, 2 : 1) |
Autre exemple de format encore plus large, BEN HUR, tourné avec des MGM camera 65, et projeté au format 2.76 : 1.
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BEN HUR, W. Wyler, 1959
(format original 2.76 : 1) |
Des formats larges sans l’anamorphose coûteuse du cinemascope se développent : en Europe, deux formats rivalisent : le 1.66 : 1, et le 1.75 : 1 (en Italie).
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TRICHEURS, B. Schroeder, 1984
(format original, 1.66 : 1) |
L’ECLIPSE, M. Antonioni, 1962
(format original 1.75 : 1) |
Aux USA, un autre format encore plus économique (il permet notamment un économie de 25% au moment du tournage) est choisi, le 1.85 : 1. Ce format devient standard, et est de plus en plus utilisé en Europe.
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MARNIE, A. Hitchcock, 1963
(format original 1.85 : 1) |
¡ ATAME !, P. Almodovar, 1990
(format original 1.85 : 1) |
Et à la télévision…
Longtemps, la télévision a diffusé les films recadrés, pour coller au format standard 4 : 3 (1.33 : 1). Puis avec l’arrivée des écrans 16 : 9e, les films sont soit diffusés au bon format (souvent pour ceux en 2.35 : 1), soit légèrement recadrés pour coller à ce nouveau format (1.77 : 1), ce qui est le cas aussi sur les dvd : il faut donc faire attention que le film soit au format (ou le plus proche du format) voulu par le réalisateur (ou imposé au réalisateur).
(les images sont d’ailleurs tirées de DVD qui ne respectent pas à 100% les formats !! – voir notamment ¡ ATAME !)
Pour compléter :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Formats_de_projection
www.lumiere.org/techniques/formats-35mm.html
http://en.wikipedia.org/wiki/35mm
www.ac-nancy-metz.fr/cinemav/docu/format.htm
www.widescreenmuseum.com/widescreen/index.htm |
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